Tout savoir sur les lamas
Les lamas et leurs proches parents, regroupés sous le terme de camélidés, constituent une famille de mammifères adaptée à des environnements très contrastés, des déserts arides aux hauts plateaux andins. Longtemps associés au transport et à la laine, ces animaux suscitent aussi un intérêt croissant en élevage spécialisé, en gestion pastorale et dans les filières textiles. Un guide sérieux gagne à relier la biologie, le comportement et les usages, afin de comprendre ce qui distingue réellement le lama au sein des camélidés.
La famille des camélidés et ses grandes lignées
Les camélidés appartiennent à l’ordre des Artiodactyles et à la sous-famille des Camelinae. Deux ensembles sont classiquement distingués. Les camélidés de l’Ancien Monde regroupent les dromadaires et les chameaux (genre Camelus). Les camélidés du Nouveau Monde, originaires d’Amérique du Sud, regroupent le lama, l’alpaga, le guanaco et la vigogne (tribu des Lamini).
Le lama domestique (Lama glama) et l’alpaga domestique (Vicugna pacos, souvent encore cité comme Lama pacos dans certains contextes) dérivent respectivement de formes sauvages proches du guanaco (Lama guanicoe) et de la vigogne (Vicugna vicugna). Les hybridations existent en élevage, avec des individus dits « huarizo » (croisement lama-alpaga) présentant des caractéristiques intermédiaires.
Caractéristiques anatomiques et adaptations
Pieds, locomotion et pâturage
Les camélidés ne possèdent pas de sabots au sens strict. Le pied repose sur deux doigts terminés par des ongles et sur un coussinet plantaire souple. Cette morphologie améliore l’adhérence et limite l’érosion des sols par rapport à certains ongulés, un point intéressant en pâturage extensif.
Appareil digestif et valorisation des fourrages
Les camélidés sont des pseudo-ruminants. Leur estomac comporte trois compartiments fonctionnels, permettant une fermentation microbienne efficace et une bonne valorisation de végétaux fibreux. La rumination existe, avec régurgitation et remastication. Cette physiologie explique leur aptitude à exploiter des pâtures pauvres, à condition d’un accès constant à l’eau et à des minéraux adaptés.
Physiologie d’altitude et thermorégulation
Les camélidés andins présentent une adaptation à l’hypoxie, notamment via des globules rouges de petite taille et une forte affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène. La toison, la surface corporelle exposée et les comportements de recherche d’ombre participent à la thermorégulation. Le lama tolère bien le froid sec des plateaux, tandis qu’en climat humide et chaud, la densité de fibre et la charge parasitaire demandent une gestion attentive.
Comportement, communication et organisation sociale
Le lama est un animal grégaire structuré par une hiérarchie. Les signaux posturaux (port de tête, orientation des oreilles, distance d’approche) participent à l’apaisement ou à l’intimidation. Les vocalisations incluent un bourdonnement fréquent, des cris d’alarme et des sons liés aux interactions mère-jeune.
Le crachat, souvent cité, correspond à un comportement agonistique utilisé lors de conflits de dominance ou d’irritation, parfois dirigé vers l’humain en cas de familiarisation inadaptée. Un élevage équilibré limite ce risque par des manipulations calmes, une socialisation correcte et l’évitement du biberonnage sans encadrement, facteur de comportements intrusifs.
Reproduction et développement des jeunes
La reproduction des camélidés du Nouveau Monde se caractérise par une ovulation induite, déclenchée par l’accouplement. La gestation dure en moyenne autour de 11 à 12 mois. La mise bas donne généralement un seul jeune, appelé cria. Le cria se lève rapidement et recherche la tétée dans les premières heures, élément favorable à l’ingestion de colostrum et à l’immunité passive.
La maturité sexuelle varie selon l’espèce, le sexe et l’état corporel. En pratique d’élevage, la reproduction est souvent différée afin de sécuriser la croissance et de limiter les complications. La sélection porte sur le tempérament, la conformation, la qualité de fibre et la robustesse sanitaire.
Élevage, santé et bien-être
Alimentation et conduite de troupeau
Le régime est principalement herbivore, fondé sur le pâturage, le foin et, selon les situations, des apports concentrés mesurés. Les besoins exacts dépendent du stade physiologique (croissance, gestation, lactation) et de la qualité de la ressource. L’accès à un complément minéral formulé pour camélidés est recherché, car l’excès de cuivre peut poser problème selon les formulations destinées aux ovins ou aux caprins.
Soins courants et risques sanitaires
La gestion sanitaire inclut le suivi des parasites internes, la surveillance de l’état corporel, la taille des ongles en sol trop tendre et, si nécessaire, les soins dentaires. Les camélidés peuvent héberger des parasites gastro-intestinaux communs aux ruminants, avec une sensibilité variable selon le climat et la densité d’animaux. Les stratégies reposent sur l’analyse de fèces, la rotation des pâtures et des traitements ciblés.
Le bien-être dépend aussi de la conception des installations. Un espace de fuite, des couloirs de contention non glissants et des séparations visuelles réduisent le stress. La tonte est pratiquée selon l’espèce et le climat, surtout pour l’alpaga et parfois pour le lama en région chaude.
Usages et filières économiques
Fibre, textile et critères de qualité
La fibre d’alpaga est particulièrement recherchée pour sa finesse, souvent comprise dans des plages de microns inférieures à celles du lama, avec une grande variété de couleurs naturelles. Le lama produit aussi une fibre exploitable, en général plus hétérogène, et les sujets sélectionnés peuvent fournir une toison valorisable. Les critères techniques incluent le diamètre moyen, l’uniformité, la longueur de mèche, la présence de jarres et la résistance au feutrage.
Transport, écopastoralisme et rôle de garde
Le lama a été utilisé comme animal de bât dans les Andes, grâce à sa robustesse, sa frugalité et sa marche sûre en terrain accidenté. En élevage moderne, certains lamas sont employés comme gardiens de troupeaux, notamment face à des canidés, en raison de leur vigilance et de leur comportement territorial. Ces usages exigent une sélection comportementale et une intégration progressive au troupeau.
Voir également
Connaissez vous les ... guanacos ? Et les alpagas ?
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